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Commençons
par brûler un gros punch: Jean Le Maigre meurt aux trois quarts
du livre. Pourquoi? Parce qu'il est le héros de ce roman
qui porte le nom de son tout dernier frère encore au berceau.
Pourquoi brûler le punch? Ah! Parce qu'on s'en crisse; c'est prévu
de toute façon. Nous sommes en 1965 et, avec Une saison dans
la vie d'Emmanuel, la littérature
vient d'épouser la Révolution tranquille; tout ce qui, hier, était
Vérité est devenu Mensonge. Ainsi les enfants sont sales,
rebelles, ivrognes et libidineux (en un mot: dégueulasses - et de
toute façon destinés à mourir soit en couches, soit à
l'ouvrage); les mères, truies destinées à la reproduction, sont
violables à souhait, du moins par leurs maris
autrement absents; les prêtres veulent se faire fouetter; les
tenanciers de bordel sont respectés et les grand-mères tâchent
de mettre un peu d'ordre à leur méchante façon. Et Emmanuel? Il
se coiffe toujours de la même façon.
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