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Livre
appartenant à la Saga des Beauchemin. Longs
paragraphes, longues phrases tourmentées, à l'onirisme
désenchanté. «C'était des écrits échevelés, en dents de
scie comme il disait, pleins de hachures, de trous blancs au
milieu des pages et des phrases longues comme des centaines de
lacets de bottines noués bout à bout.» À propos d'Abel,
l'auteur écrit : «...courant en quelque sorte après son
inspiration, ne sachant plus ce qu'il convenait de mettre dans son
roman qui, au lieu de se construire, se défaisait insidieusement
en lui, mare stagnante de ses ignominies dont il ne savait plus
comment se déprendre, trop oublieux de ses personnages, ne
croyant guère à leur grandeur, et c'était pourquoi tout
tournait à vide, se mangeait à l'intérieur de lui, abolissant
toute possibilité de roman et pourtant le tirant loin hors du
silence, dans le monde cauchemardesque de ses obsessions où rien
de ses fautes ne pouvait lui être remis.» Où, plus
précisément, une lectrice dit à Abel : «Je ne vous comprends
pas. C'est comme quand je vous lis. Je perds des grands bouts de
mots.»
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