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«Il y a en moi-même une
nuit [...] peut-être cette nuit-là finira-t-elle par se rompre, à force
d'amour et de joie, qui sont les matériaux de l'aube que je fabrique et
que je ne cesse de parfaire.» Jean-François Beauchemin est mort dans la
mi-quarantaine, à l'été 2004. Pas mort physiquement, s'entend, même
s'il est passé proche, même si en entrant à l'hôpital il a demandé
aux ambulanciers de le laisser voir la nuit étoilée une dernière
fois... Commettons une lapalissade : c'est le genre d'expérience qui
marque un écrivain bien né (lire : qui a une famille aimante et une
femme dévouée) et qui oblige celui-ci à jeter un regard neuf sur
toute chose, à commencer par le rapport qu'il a à son propre corps et au
corollaire du corps, l'âme.
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