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Article paru dans le numéro 121, printemps 2006, de la revue Lettres québécoises (page 21).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paraître ou être?

Telle est la question que pose maladroitement le roman.

Le communiqué de presse stipule que «Canons pose un regard très réaliste sur le culte de l’image et sur l’idéal de la jeunesse à conserver à tout prix.» Le roman met effectivement ces thèmes en évidence. Son personnage principal, Catherine Montreuil, dirige une entreprise de produits de beauté, ce qui la condamne à être belle. Pour protéger sa beauté des effets du vieillissement, elle a recours à la chirurgie esthétique.  

Si cette problématique de l’être versus le paraître se pose avec une grande acuité dans notre société où l’image est survalorisée, elle n’est pas nouvelle pour autant. Il incombait donc à Valérie Banville d’en renouveler le discours, ce qu’elle ne réussit pas à faire. Elle tente pourtant de l’approfondir en la reliant à des problèmes graves tels la rivalité mère/fille, l’anorexie et l’inceste. Malheureusement, elle ne parvient pas à leur donner de la consistance; en ratissant trop large, elle ne fait que les effleurer. Son discours, de plus, a un relent moralisateur agaçant: il faut regarder ses problèmes en face, apprendre à s’aimer et ne pas vivre selon les apparences. Je veux bien, mais il faut aussi, quand on écrit un roman, laisser vivre ses personnages.

 

Josée Bonneville

Valérie Banville, Canons, Montréal, La courte échelle, 2005, 283 p., 23,95 $.

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