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Telle
est la question que pose maladroitement le roman.
Le communiqué de presse stipule que «Canons pose un regard très
réaliste sur le culte de l’image et sur l’idéal de la
jeunesse à conserver à tout prix.» Le roman met effectivement
ces thèmes en évidence. Son personnage principal, Catherine
Montreuil, dirige une entreprise de produits de beauté, ce qui
la condamne à être belle. Pour protéger sa beauté des effets
du vieillissement, elle a recours à la chirurgie esthétique.
Si cette problématique de l’être versus le paraître se pose avec une
grande acuité dans notre société où l’image est survalorisée,
elle n’est pas nouvelle pour autant. Il incombait donc à Valérie
Banville d’en renouveler le discours, ce qu’elle ne réussit
pas à faire. Elle tente pourtant de l’approfondir en la
reliant à des problèmes graves tels la rivalité mère/fille,
l’anorexie et l’inceste. Malheureusement, elle ne parvient
pas à leur donner de la consistance; en ratissant trop large,
elle ne fait que les effleurer. Son discours, de plus, a un
relent moralisateur agaçant: il faut regarder ses problèmes en
face, apprendre à s’aimer et ne pas vivre selon les
apparences. Je veux bien, mais il faut aussi, quand on écrit un
roman, laisser vivre ses personnages.
Josée
Bonneville
Valérie Banville, Canons, Montréal,
La courte échelle, 2005, 283 p., 23,95 $.
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