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Prochain épisode - Hubert Aquin - 1965

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Roman à la prose alambiquée, Prochain épisode présente le spectacle d'une âme qui se désagrège devant nous. Renonçons au défi de résumer cette oeuvre : un narrateur, du fond de sa cellule et à la façon des plus grands-mauvais films d'espionnage, fabule ses véritables désenchantements. Désenchantements reliés à la cause nationale, à la Femme, à la croyance en la victoire sur l'invisible main qui contrôle tout (ici personnifié par H. de Heutz alias Carl von Rynolt alias François-Marc de Saugy). Dès le début, Aquin met en garde le lecteur, ou plutôt le met sur une fausse piste, l'avertissant qu'il «jette de la poudre de mots plein les yeux» : «Je farcis la page de hachis mental, j'en mets à faire craquer la syntaxe». Pressentant, quinze ans à l'avance, la première défaite référendaire, Aquin écrit ce roman pour nous dire que, s'il nous a bien compris, on lui dit : «À un Prochain épisode».


L'ÎLE

wikipédia

Louis Hamelin

À notre avis :

Difficile à lire. Parce que le lecteur contemporain y décèle nécessairement l'échec du projet de nation qu'Aquin assimile à l'échec de sa vie. Il peut ainsi facilement y voir (après coup) l'annonce de son suicide. Difficile aussi à suivre, à cause de la forme. L'auteur prend un malin plaisir à déconstruire son récit pour mieux démontrer l'état d'esprit du narrateur.

À votre avis :

Je crois que tu omets de dire que la relation amoureuse avec K (personnage aussi mystérieux que le K de Kafka) est tout simplement une métaphore de la relation amoureuse qu'entretiennent les souverainistes avec la nation québécoise. C'est effectivement une déception qui les attend parce que trop imprévisible, mystérieuse, indéfinie, inaccessible... la nation québécoise nous trahit lorsqu'on essaie de travailler pour elle. Je crois que tu es passé complètement à côté en donnant trop d'importance au personnage de H. de Heutz qui n'est en fait que l'ennemi (le Canada) qui change de peau selon les circonstances. Je ne sais pas si tu as fait tous les liens incroyables qui existent entre les personnages du livre et ceux de la mouvance souverainiste, entre les situations du livre et celles du mouvement d'indépendance... Enfin, le livre est génial, à mon avis, en ce sens qu'il retrace, dans une simple histoire d'espionnage, quelque 150 ans de révolution passive, molle, sans caractère qu'est celle du Québec depuis la défaite des Patriotes en 1837-38.

Christian Petit

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