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Article paru dans le numéro 132, hiver 2008, de la revue Lettres québécoises (page 55).

Vent d’Outaouais

 

Les Éditions Vent d’Ouest soufflent quinze bougies

 

C’est en février 1993 que s’est imposée à certains membres de l’Association des auteurs et auteures de l'Outaouais québécois la nécessité de fonder les Éditions Vent d’Ouest. La troisième agglomération au Québec souffrait alors de n’avoir plus d’éditeur puisque les Éditions Asticou avaient fermé leurs portes en 1990. Pourtant, la région disposait déjà d’un bon réseau de librairies, d’un salon du livre très fréquenté, d’une imprimerie (Gauvin)… Nonobstant les coûts du papier qui grimpaient alors en flèche, nonobstant la récession économique qui prévalait à l’époque, huit personnes se sont donc regroupées, ont sollicité des prêts, des dons et se sont constituées en société sans but lucratif avec une mise de fond initiale de 50 000$.

 

L’aventure n’aurait sans doute pas été possible à Montréal. Vent d’Ouest a en effet pu bénéficier d’un remarquable soutien régional sous forme monétaire, on l’a dit, mais aussi sous forme de bénévolat, pratiqué notamment par de nombreuses personnes de l’Université d’Ottawa. Cependant, si la maison a exclusivement eu recours au don de soi les premières années, elle dispose aujourd’hui de deux employés rémunérés. Les directeurs de collection et les réviseurs linguistiques reçoivent un salaire et l’on fait appel à d’autres pigistes, dont plusieurs illustrateurs de la région.

 

La maison, qui s’est donné comme mandat de dynamiser sa région sur le plan littéraire, a dès le début initié des ouvrages collectifs, dans le but de se faire connaître des auteurs et de leur montrer qu’elle apporte un soin méticuleux à la typographie, à la langue et à la présentation visuelle et matérielle de ses livres, m’a dit le directeur du volet « littérature général », monsieur Jacques Michaud.

 

Vent d’Ouest a aussi tâté de la solidarité régionale planétaire avec des projets impliquant la Suisse et la Belgique, mais ces expériences «n’ont pas été concluantes», au dire de monsieur Michaud, plus empressé de me parler de la «relation privilégiée» qu’entretient Vent d’Ouest avec l’Abitibi. C’est qu’à l’époque, Vent d’Ouest publiait des «livres savants», susceptibles d’intéresser le fort bassin d’universitaires se trouvant de l’autre côté de l’Atlantique.

 

Au départ, il n’avait pas été question de publier de la poésie ou de la littérature jeunesse. Dans le premier cas, Vent d’ouest tient bon. Dans le second, la maison a craqué dès 1996. Le secteur était alors en pleine croissance, croissance qui perdure. Une collection jeunesse a donc été créée et confiée à l’auteur Michel Lavoie. Encore là, Vent d’ouest a d’abord publié des collectifs d’auteurs établis, mais elle a aussi organisé différentes moutures d’un concours de nouvelles s’adressant aux adolescents. Ces concours n’ont pas survécu, faute de textes intéressants, mais ils ont suscité au moins deux vocations, celles d’Anne Prud’homme et de Clara Ness. Michel Lavoie promet une nouvelle mouture du concours pour 2009.

 

C’est d’ailleurs avec la littérature jeunesse que Vent d’Ouest repart à l’assaut du monde. La série Eloik, déjà sacré best-seller au Québec, s’apprête à envahir les États-Unis et la Chine. Quant à Vent d’Ouest, elle se souhaite que les changements apportés à sa structure éditoriale n’affectent pas son erre d'aller. Bonne continuité.

 

 

 

 

Sébastien Lavoie

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