|
|
Les
Éditions Vent d’Ouest soufflent quinze bougies |
C’est
en février 1993 que s’est imposée à certains membres de
l’Association des auteurs et auteures de l'Outaouais québécois
la nécessité de fonder les Éditions Vent d’Ouest. La troisième
agglomération au Québec souffrait alors de n’avoir plus d’éditeur
puisque les Éditions Asticou avaient fermé leurs portes en
1990. Pourtant, la région disposait déjà d’un bon réseau
de librairies, d’un salon du livre très fréquenté, d’une
imprimerie (Gauvin)… Nonobstant les coûts du papier qui
grimpaient alors en flèche, nonobstant la récession économique
qui prévalait à l’époque, huit personnes se sont donc
regroupées, ont sollicité des prêts, des dons et se sont
constituées en société sans but lucratif avec une mise de
fond initiale de 50 000$.
L’aventure
n’aurait sans doute pas été possible à Montréal. Vent d’Ouest
a en effet pu bénéficier d’un remarquable soutien régional
sous forme monétaire, on l’a dit, mais aussi sous forme de bénévolat,
pratiqué notamment par de nombreuses personnes de l’Université
d’Ottawa. Cependant, si la maison a exclusivement eu recours
au don de soi les premières années, elle dispose aujourd’hui
de deux employés rémunérés. Les directeurs de collection et
les réviseurs linguistiques reçoivent un salaire et l’on
fait appel à d’autres pigistes, dont plusieurs illustrateurs
de la région.
La
maison, qui s’est donné comme mandat de dynamiser sa région
sur le plan littéraire, a dès le début initié des ouvrages
collectifs, dans le but de se faire connaître des auteurs et de
leur montrer qu’elle apporte un soin méticuleux à la
typographie, à la langue et à la présentation visuelle et matérielle
de ses livres, m’a dit le directeur du volet « littérature
général », monsieur Jacques Michaud.
Vent
d’Ouest a aussi tâté de la solidarité régionale planétaire
avec des projets impliquant la Suisse et la Belgique, mais ces
expériences «n’ont pas été concluantes», au dire de
monsieur Michaud, plus empressé de me parler de la «relation
privilégiée» qu’entretient Vent d’Ouest avec l’Abitibi.
C’est qu’à l’époque, Vent d’Ouest publiait des «livres
savants», susceptibles d’intéresser le fort bassin
d’universitaires se trouvant de l’autre côté de
l’Atlantique.
Au
départ, il n’avait pas été question de publier de la poésie
ou de la littérature jeunesse. Dans le premier cas, Vent
d’ouest tient bon. Dans le second, la maison a craqué dès
1996. Le secteur était alors en pleine croissance, croissance
qui perdure. Une collection jeunesse a donc été créée et
confiée à l’auteur Michel Lavoie. Encore là, Vent d’ouest
a d’abord publié des collectifs d’auteurs établis, mais
elle a aussi organisé différentes moutures d’un concours de
nouvelles s’adressant aux adolescents. Ces concours n’ont
pas survécu, faute de textes intéressants, mais ils ont suscité
au moins deux vocations, celles d’Anne Prud’homme et de
Clara Ness. Michel Lavoie promet une nouvelle mouture du
concours pour 2009.
C’est d’ailleurs avec la littérature jeunesse que Vent d’Ouest
repart à l’assaut du monde. La série Eloik, déjà sacré
best-seller au Québec, s’apprête à envahir les États-Unis
et la Chine. Quant à Vent d’Ouest, elle se souhaite que les
changements apportés à sa structure éditoriale n’affectent
pas son erre d'aller. Bonne continuité.
Sébastien
Lavoie
|