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La
première maison d'édition ontarienne entièrement
francophone a vu le jour à
Sudbury
il y a 35 ans. Nées alors que les institutions du
Canada francophone se désagrégeaient, les Éditions
Prise de parole ont connu des débuts modestes. |
Tout
a commencé avec la Coopération des artistes du Nouvel-Ontario
(CANO), « un organisme qui faisait des organismes »,
dixit denise truax, et qui regroupait des artistes de toutes
tendances. Son objectif était double : contrer à la fois
l'assimilation et l'idéologie conservatrice des élites alors
en place. Concurremment à cette fondation, les rédacteurs du
magazine Réaction, de l'Université Laurentienne,
choisissaient de se séparer de l'université pour fonder une
maison d'édition indépendante en suivant le même chemin que
celui balisé par Gaston Miron et l'Hexagone. Ainsi sont nées
les Éditions Prise de parole où tous travaillaient bénévolement.
En
1978, la maison se structure et se professionnalise autour de
Gaston Tremblay, qui la dirigera jusqu'en 1988. Depuis lors,
c'est denise truax qui en est la directrice générale. La
maison n'a publié que des Franco-Ontariens jusqu'à ce que les
portes des Éditions de l'Acadie ferment en 2001.
La maison
d'édition a-t-elle toujours recours aux abonnements, à ces
gens qui s'engagent à acheter à l'avance toute la production
annuelle? « Non. On a encore un groupe
d'irréductibles qui nous suit depuis toujours, mais avec une
production de 16 à 18 livres par année, c'est sûr que ce système
marche moins bien que lorsque nous publiions six livres. »
Cependant, à partir de cet été, les 45 000 Sudburois bénéficieront
pour une première fois, dans [es limites de leur municipalité,
d'une librairie francophone. Avec le Salon du livre du Grand
Sudbury (qui est bisannuel) dont Prise de parole a parrainé la
naissance en 2004, l'arrivée de cette librairie est une
excellente nouvelle pour cette maison d'édition excentrée dont
un des défis sera toujours de rejoindre son public (et
d'obtenir l'attention du milieu, surtout celle de la masse
critique de Québécois).
Sébastien
Lavoie
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