Les classiques à lire. Les livres et les auteurs qui deviennent des incontournables!

Accueil

Résumés

Prix

Autre

Contact

   

Répertoire

Par époque

Liens

Publicité

Suggérez

Imprimer


Article paru dans le numéro 132, hiver 2008, de la revue Lettres québécoises (page 56).

La deuxième vie des 400 coups

 

Où la prolifique maison d’édition se tourne résolument vers l’international

 

 

Au commencement, il y avait un imprimeur, Pierre Belle, qui éditait de la bande dessinée depuis 1989 sous l’étiquette des Éditions Mille-Îles. En 1994, il s’associe avec Serge Théroux, de Diffusion Dimédia, et ensemble ils fondent Les 400 coups. L’entreprise voit le jour dans la cuisine de monsieur Théroux, qui s’adjoint pour l’occasion les services de sa sœur, Linda (« L’un ne va pas sans l’autre », me dira Sophie Deschênes.)

 

Aux 400 coups, madame Deschênes est celle qui s’occupe – entre autres fonctions –  du bureau, le président n’ayant jamais abandonné son travail chez Dimédia : « Il travaille pour les 400 coups la fin de semaine, le soir, la nuit et sur son heure de lunch… », précise-t-elle. C’est d’ailleurs son travail chez Dimédia qui a permis à monsieur Théroux de tisser des liens avec les nombreux auteurs et illustrateurs qui viendront proposer des projets aux 400 coups.

 

Dès sa fondation, la maison d’édition est rapidement remarquée par les critiques en raison de son originalité et de l’audace de ses thèmes (le livre Petit zizi de Thierry Lenain, illustré par Stéphane Poulin, ne serait pas encore admis à ce jour dans toutes les écoles…)

En 1995, Les 400 coups met la main sur l’éditeur Studio Mag, puis c’est au tour de Zone convective d’être absorbé en 1998, suivi de Mécanique Générale en 2002, les trois maisons d’édition ayant un catalogue convoité. Mais la maison ne fait pas qu’absorber les concurrents. En 1997, les 400 coups s’associe avec Gilles Pellerin et sa maison L’instant même et, ensemble, ils fondent Les heures bleues. Les éditions Bonfort se joignent au groupe en 1999, mais, en 2003, Les 400 coups se retirent de l’aventure. On pourrait ajouter aussi que Les 400 coups ont servi d’incubateur aux éditions Coups de tête, mais c’est une autre histoire. Quant aux éditions Mille-Îles, plus rien n’est paru sous leur étiquette depuis la publication, en 2006, de Il faut que ça bouge!, de Tristan Demers, le père du fameux Gargouille.

 

Les 400 coups n’ont pas résisté au chant des sirènes européennes, ouvrant des succursales en France et au pays de Charles Dickens. En ayant pignon sur rue là-bas, la maison d’édition s’assure non seulement de plus de débouchés pour sa production, mais aussi d’une certaine visibilité susceptible d’attirer chez elle de nouveaux auteurs et illustrateurs.

La maison, qui publie entre 50 et 65 titres annuellement, a été rachetée en août dernier par les Éditions Caractère. Serge Théroux est alors devenu actionnaire minoritaire, mais «l’âme» des 400 coups ne s’en retire pas puisqu’il ne perd son siège ni au conseil d’administration ni au comité éditorial. Le rachat est perçu d’un bon œil par la petite équipe des 400 coups qui verra l’équipe de Stéphane Labbé venir lui prêter main-forte. Car après quelques années d’adaptation à la manière de faire des Européens, Les 400 coups entretiennent de grandes visées pour le reste du monde, reluquant du côté de la Corée et de l’Espagne.

 

Comme le dit si bien madame Deschênes, c’est une deuxième vie qui commence.

 

 

 

Sébastien Lavoie

À votre avis :

Cliquez ici pour faire parvenir votre commentaire (info@lire.ca)

Tous droits réservés © 2003 - 2010 IndexQuébec Inc.