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Où
la prolifique maison d’édition se tourne résolument
vers l’international
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Au
commencement, il y avait un imprimeur, Pierre Belle, qui éditait
de la bande dessinée depuis 1989 sous l’étiquette des Éditions
Mille-Îles. En 1994, il s’associe avec Serge Théroux, de
Diffusion Dimédia, et ensemble ils fondent Les 400 coups.
L’entreprise voit le jour dans la cuisine de monsieur Théroux,
qui s’adjoint pour l’occasion les services de sa sœur,
Linda (« L’un ne va pas sans l’autre », me dira
Sophie Deschênes.)
Aux
400 coups, madame Deschênes est celle qui s’occupe – entre
autres fonctions – du
bureau, le président n’ayant jamais abandonné son travail
chez Dimédia : « Il travaille pour les 400 coups la
fin de semaine, le soir, la nuit et sur son heure de lunch… »,
précise-t-elle. C’est d’ailleurs son travail chez Dimédia
qui a permis à monsieur Théroux de tisser des liens avec les
nombreux auteurs et illustrateurs qui viendront proposer des
projets aux 400 coups.
Dès
sa fondation, la maison d’édition est rapidement remarquée
par les critiques en raison de son originalité et de l’audace
de ses thèmes (le livre Petit
zizi de Thierry Lenain, illustré par Stéphane Poulin, ne
serait pas encore admis à ce jour dans toutes les écoles…)
En
1995, Les 400 coups met la main sur l’éditeur Studio Mag,
puis c’est au tour de Zone convective d’être absorbé en
1998, suivi de Mécanique Générale en 2002, les trois maisons
d’édition ayant un catalogue convoité. Mais la maison ne
fait pas qu’absorber les concurrents. En 1997, les 400 coups
s’associe avec Gilles Pellerin et sa maison L’instant même
et, ensemble, ils fondent Les heures bleues. Les éditions
Bonfort se joignent au groupe en 1999, mais, en 2003, Les 400
coups se retirent de l’aventure. On pourrait ajouter aussi que
Les 400 coups ont servi d’incubateur aux éditions Coups de tête,
mais c’est une autre histoire. Quant aux éditions Mille-Îles,
plus rien n’est paru sous leur étiquette depuis la
publication, en 2006, de Il
faut que ça bouge!, de Tristan Demers, le père du fameux
Gargouille.
Les
400 coups n’ont pas résisté au chant des sirènes européennes,
ouvrant des succursales en France et au pays de Charles Dickens.
En ayant pignon sur rue là-bas, la maison d’édition
s’assure non seulement de plus de débouchés pour sa
production, mais aussi d’une certaine visibilité susceptible
d’attirer chez elle de nouveaux auteurs et illustrateurs.
La
maison, qui publie entre 50 et 65 titres annuellement, a été
rachetée en août dernier par les Éditions Caractère. Serge
Théroux est alors devenu actionnaire minoritaire, mais «l’âme»
des 400 coups ne s’en retire pas puisqu’il ne perd son siège
ni au conseil d’administration ni au comité éditorial. Le
rachat est perçu d’un bon œil par la petite équipe des 400
coups qui verra l’équipe de Stéphane Labbé venir lui prêter
main-forte. Car après quelques années d’adaptation à la
manière de faire des Européens, Les 400 coups entretiennent de
grandes visées pour le reste du monde, reluquant du côté de
la Corée et de l’Espagne.
Comme le dit si bien madame Deschênes, c’est une deuxième vie qui
commence.
Sébastien
Lavoie
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