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L'année 1977 a marqué la fin
du baby-boom de l'édition avec la naissance des Éditions JCL, qui fêtent donc leur trentième
anniversaire en 2007.
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Cette
année-là, Les Éditions du jour avaient rétrocédé à
Jean-Claude Larouche les droits de sa biographie sur Alexis
le Trotteur, et l'auteur a décidé de la republier à
compte d'auteur, tout bonnement. « Sauf que lorsque tu
mets ton adresse sur un livre que tu publies, les manuscrits
commencent à rentrer le lendemain matin…» L'auteur s'est
alors mué en éditeur, et c'est en 1979 qu'a été publié le
deuxième livre de la jeune maison d'édition. Au fil des an ,
le rythme des publications s'est accéléré et l'éditeur a pu
travailler à temps plein à sa maison d'édition. L'aide
gouvernementale? L'éditeur n'a jamais vraiment compté là-dessus
et, de fait, il a dû attendre vingt ans avant de toucher une
subvention. De même qu'il a dû attendre vingt-cinq
publications, soit huit ans, avant de sortir de la marge grâce
à un premier titre tiré à plus de cent mille exemplaires (Des
fleurs sur la neige, le fameux récit d'Élisa T.), succès
qui lui a permis d'embaucher une employée à temps plein et
d'ouvrir un bureau.
Le
navire de monsieur Larouche venait tout juste d'arriver en haute
mer quand on a découvert une sérieuse avarie dans la coque, un
incident nommé «
plagiat
». De là, poursuite, saisie des biens après jugement, inquiétude
des partenaires d'affaires et bien sûr, énergies et argent mis
ailleurs que là où monsieur Larouche aurait bien voulu les
mettre. C'est que l'éditeur est toujours le premier responsable
d'un plagiat, même s'il n'est que l'instrument du crime.
-Avez-vous
eu une petite pensée pour monsieur Brûlé, plus tôt cette année?
-
Oh que oui. Ça peut arriver à tout le monde, je dis bien tout
le monde, quelque chose comme ça.
En
1992 paraissait le centième titre des éditions JCL. La
grisaille du plagiat durait encore, mais le paquebot était
maintenu à flot; puis, il s'est renfloué grâce à un autre
livre-témoignage et il a continué son voyage au gré du
courant, allant mouiller son ancre un peu partout, notamment en
Europe (la maison d'édition n'a pas de projet éditorial précis,
sinon qu'elle se refuse à faire de la bande dessinée - trop
cher - dans un milieu où il y a trop de gros joueurs). Le
catalogue de la maison compte maintenant 380 ouvrages.
Au
départ, le milieu n'avait pas misé grand-chose sur la maison
d'édition, sous prétexte qu'une telle entreprise ne pouvait
voir le jour en région, mais aujourd'hui ces pronostics
semblent risibles au vu
de
l'expérience de monsieur Larouche. C'est que « l'édition n'a
plus de lieux », soutient-il et, de fait, il compte presque
autant d'auteurs venant de sa région que du reste du Québec.
De
quoi est fait l'avenir, l'éditeur n'en sait rien sinon qu'il se
doute que l'aventure se terminera probablement par une vente. «J'ai
déjà eu des offres, d'autres viendront sûrement.» Le plus
difficile, c'est de décider du moment du départ, dira-t-il,
mais n'ayant que 63 ans et jouissant d'une bonne santé, il fait
remarquer que « bien des éditeurs ont travaillé jusqu'à 80
ans passés».
N’y
a-t-il pas plus douce retraite que le travail ?
Sébastien
Lavoie
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