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Sur l’autre rive de
l’Outaouais aussi, on fête un quinzième anniversaire.
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«Je
vais être honnête. Il est de bon ton, quand vient le temps
d’expliquer pourquoi on a fondé une maison d’édition, de
parler de passion et du désir de bâtir quelque chose. Dans mon
cas, il s’agit plutôt d’un péché d’orgueil…», admet
d’emblée Yvon Malette, président-directeur général et
fondateur des éditions David.
L’affaire
a débuté avec un manuscrit, L’autoportrait mythique de
Gabrielle Roy, accepté par un éditeur montréalais. Accepté,
mais non pas publié, la subvention n’étant jamais venue.
Monsieur Malette avait déjà publié une grammaire (Grand-mère
racontait…) au Québec, mais il avait pris soin de
n’accorder à son éditeur que les droits pour cette province.
Le livre sur Gabrielle Roy refusé, il s’est donc installé de
l’autre côté de la rivière Outaouais et s’est servi de
ses ouvrages pour lancer sa maison d’édition.
Les
éditions David se sont données pour mandat de «publier des
auteurs francophones de l’Ontario et de diverses provinces
canadiennes, faire découvrir de nouvelles voix privilégiant la
publication de nouveaux auteurs, éditer celles d’écrivains
connus, sortir de l’ombre des voix, souvent oubliées et inédites,
enfin promouvoir en priorité des textes de création (romans,
nouvelles, poésie, haïkus) et des études critiques qui
contribuent à l’édification de la connaissance de la littérature
d’expression française et permettent de développer un
lectorat chez les jeunes».
Ici
aussi, le fondateur insiste sur la qualité de l’équipe «exceptionnelle»,
dont les membres travaillent presque tous bénévolement. Il
juge même certains quasi irremplaçables, comme Yvan Lepage, décédé
au printemps dernier d’un cancer fulgurant, qui a laissé
orpheline la collection «Voix retrouvées» (la collection des
textes oubliés).
Les
éditions David ont été parmi les premières, sinon les premières,
à publier des haïkus. C’est par elles que nous est parvenu Haïku
sans frontières, une anthologie mondiale, un ouvrage publié
sous la direction d’André Duhaime regroupant 1 810 poèmes écrits
par 181 auteurs venant de 23 pays. Les éditions David ont
aussi, un temps, joué un rôle d’animateur culturel, en
distribuant des prix d’excellence aux meilleurs étudiants en
lettres de l’Université d’Ottawa et du Collège de l’Outaouais
et en disséminant, à Hearst, Ottawa ou Baie-Comeau, des «camps
littéraires David».
Il
était très important pour le fondateur de «donner la main à
l’Autre», mais il s’est fait prendre à son propre jeu, si
je puis dire. C’est que monsieur Malette a ses entrées du côté
de l’entreprise privée à laquelle il soutire des milliers de
dollars annuellement. Et que cette dernière ne comprenait pas
que les éditions David pouvaient donner de la main gauche
l’argent puisé dans leurs poches, à droite. C’est dommage,
mais l’expérience a tout de même permis à Baie-Comeau de se
découvrir une passion pour le haïku...
L’année
à venir commencera par un grand bouleversement, celui du départ
du fondateur… qui n’a pas voulu me dévoiler le nom de son
successeur. Le futur retraité m’a par ailleurs confié
qu’il ne s’en ira pas très loin de son bébé, car il
mettra sur pied une Fondation David dont le but sera de procurer
à la maison d’édition un toit bien à elle. Il se donne cinq
ans pour y parvenir mais, vu ses réalisations antérieures,
parions qu’il y arrivera avant.
Sébastien
Lavoie
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