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Mil
neuf cent soixante-trois. C'était l'année où le président
Kennedy s'est fait assassiner. C'était l'époque où
certains essayaient de changer le monde en diffusant
l'Histoire. |
L’histoire
commence quand Mgr Albert Tessier invite Jacques Lacoursière et
Denis Vaugeois à venir travailler aux Archives Pierre-Boucher.
Le Québec est en ébullition, et les deux hommes veulent
ajouter leurs voix à l'effervescence. De concert avec l'abbé
Gilles Boulet, ils décident de créer une modeste revue, à la
portée limitée. Après mûre réflexion, il leur vient l'idée
d'un journal ancien servi à la moderne, « journal qui
aurait pu être rédigé à l'époque même des événements
qu'il rapporte, avec ses titres à sensation, ses manchettes,
ses nouvelles, ses chroniques, sa page sportive, son courrier du
coeur, ses caricatures [1] ».
Le libraire Pierre Gravel se rallie à l'idée ainsi que le
graphiste Lévis Martin et Mgr Tessier.
Ils
retiennent le nom de Boréal parce que ce « qui les intéresse,
c'est l'histoire des gens venus peupler la partie septentrionale
des Amériques déjà habitée à leur arrivée par les Amérindiens
[2] »
et
ils lui accolent l'épithète Express. Le premier numéro est
publié à 15
000
exemplaires et, dès sa parution, connaît un succès qui ne se
démentira pas (l0 000 abonnés la première année). La
compagnie du Boréal Express est fondée le 18 mars 1963. La hausse des tarifs postaux, en 1967,
entraîne la mort du journal; il était devenu aussi coûteux d'expédier le
journal que de l'imprimer.
SUS
AUX CANADIENS ANGLAIS !
« L'annonce
d'une nouvelle synthèse d'histoire du Canada chez un éditeur
canadien-anglais nous apparaît alors comme un défi. On s'est
dit : pourquoi ne pas les prendre de vitesse? Et en français », raconte
Denis Vaugeois.
Ainsi
fut fait.
Après
s'être édités, il était naturel qu'ils en viennent à éditer
les autres. « Il
faut savoir, raconte Denis Vaugeois, qu'à l'époque nos
meilleurs historiens publiaient soit en anglais, soit à compte
d'auteur... Ce n'était pas normal.
[3] »
L'année
1976 voit Denis Vaugeois élu député de Trois-Rivières sous
la bannière péquiste. Il cède la direction éditoriale à
Antoine Del Busso et, deux ans plus tard, lui vend la totalité
des actions. Del Busso s'associe alors avec Pascal Assathiany,
de Dimédia, le diffuseur. La maison multiplie alors les voyages
aux foires du livre étrangères, met en oeuvre des coéditions (L'État
du monde, pour ne nommer que celle-là), zieute du côté du
Canada anglais, de la traduction, s'associe un temps avec les Éditions
du Seuil, abandonne l'épithète « Express » en
1987...
Boréal
Express s'ouvre dès 1972 aux autres disciplines des sciences
humaines, mais ce n'est qu'en 1981 que la maison se lance dans
l'édition littéraire avec un roman historique, le renommé Canard
de bois, de Louis Caron.
En 1989,
Pascal Assathiany succède à Antoine Del Busso à la direction
générale et, en 1991, Boréal emménage dans de nouveaux
locaux. Depuis, la maison a le vent en poupe et ne cesse de
multiplier les bons coups. Pour 2008, Pascal Assathiany nous
promet un nombre substantiel de nouveaux auteurs. Il ne souhaite
rien d'autre que de continuer à publier les 60 ou 70 ouvrages que la maison édite annuellement et
d'entretenir la diversité des plumes.
[1]
http://editeur.ca/photoslborealipdllcatalogue40.pdf,
p. 9. (lien obsolète)
[2]
Ibid.
[3]
Ibid., p. 13.
Sébastien
Lavoie
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